* Les causes de la déforestation. *

  

    Entre 1990 et 2000, on peut constater que les déboisements ont provoqué en moyenne la destruction de 15 000 km² de forêt par an. En 1995, près de 30 000 km² ont été déboisés en une année. 15 000 km² de forêt détruite chaque année représente l’équivalent de la forêt hollandaise, la plus grande d’Europe.

    La première cause est culturelle : l’Amazonie a toujours été considérée comme une forêt aux ressources inépuisables. En Europe, la forêt est à la fois gérée, exploitée et préservée. Au Brésil, à cause de l’immensité du pays et de la forêt, le mode de développement s’apparente plus à du gaspillage. Un des grands dangers pour la forêt amazonienne est l'exploitation forestière qui permet la fabrication des produits tels que le contreplaqué et d'autres produits utilisés dans le secteur du bâtiment au Brésil mais également dans le monde entier. Depuis la deuxième moitié du XIX° siècle, on y exploite le caoutchouc. Pour l’obtenir, on doit saigner l’Hévéa qui est un arbre très répandu dans la forêt amazonienne. Or cette industrie est destructrice car, pour une essence d’arbre correspondant à la demande du marché, on doit abattre en moyenne sept arbres, sans respecter la législation brésilienne qui oblige les exploitants à replanter les arbres coupés. Pour procéder à cette exploitation, on a alors besoin de routes. En construisant des pistes et des routes, les compagnies forestières ouvrent la porte à d'autres activités telles que l'agriculture, la chasse... qui accélèrent le taux de déforestation.




 

   Les ressources minières jouent également un rôle dans cette déforestation. Les enjeux sont énormes : on trouve dans cette forêt beaucoup de métaux précieux, comme l'or, le cobalt, le nickel, le fer, l'étain, le cuivre et les diamants. Ces usines installées en forêt demandent beaucoup d'énergie. Il faut donc amener l'énergie jusqu'à ces usines. Cela implique de construire des routes et de produire de l'électricité le plus près de ces usines. Par exemple, la création d'un barrage sur l'Amazone a provoqué l'inondation de millions d'hectares de forêt avec son écosystème. Il a fallut également déplacer toutes les populations présentes.
    L'exploitation agricole est également une des plus importantes causes de déforestation en Amazonie. Elle est arrivée à cause, en partie, de l'exploitation forestière. Le plan Soja au Mato Grosso pousse, par exemple, les paysans à la déforestation. Le Brésil est devenu le deuxième plus gros producteur de soja de la planète derrière les Etats-Unis. C'est la savane arborée qui a laissé la place aux plantations de soja. Bien entendu, ces exploitations agricoles sont de l'agriculture intensive tant au niveau animal que végétal. Ce problème d'agriculture ne se pose pas lorsqu'un Indien cultive sa parcelle. Comme dans beaucoup d'autres pays, le lobby agricole est très puissant en Amazonie et au Brésil. C'est un groupement politique qui se présente lors d'élections dans le pays. Cette représentativité leur permet ainsi de s'emparer de nouvelles terres à exploiter et à déboiser.
 
    La deuxième cause de déforestation est liée au phénomène du front pionnier, c’est-à-dire l’extension des Brésiliens à l’intérieur de leur propre pays. Les gouvernements brésiliens vont régulièrement favoriser le développement économique de l’Amazonie et son intégration au reste du pays. Or cette politique d’aménagement de l’Amazonie passe avant tout par les routes. Elles sont le moteur du front pionnier. Et la percée de la Transamazonienne, c’est-à-dire de la côte Atlantique à la frontière avec le Pérou, a ouvert l’Amazonie à la colonisation des terres.
    A partir des années 70, l’idée pour les dirigeants brésiliens était d’utiliser cet espace libre pour résoudre la question agraire, c’est-à-dire aller chercher dans le Nord-Est surpeuplé la main d’œuvre pauvre pour l’importer en Amazonie. Ainsi des zones de forêt sont dégagées pour laisser place a des zones de pâturages, des zones agricoles contrôlées, soit par des colons soit par des petits exploitants, ou soit par de grands propriétaires terriens attirés par les incitations fiscales de l’Etat brésilien. Egalement, les paysans pratiquent la culture sur brûlis qui pour accroître la fertilité de la terre, provoque régulièrement des feux de forêts et aggrave ainsi l’ampleur de la déforestation et contribue peut-être sans le savoir au réchauffement climatique.



 



 

    La troisième cause est l’urbanisation. Lorsqu'on regarde des photos satellites récentes de l’Amazonie, on peut constater un développement important de l’urbanisation dans cette région. Hormis les grandes villes de Belém et de Manaus on voit que la population se concentre surtout sur la rive gauche de l’Amazone et avant tout dans les villes. En fait, ces photographies indiquent bien que c’est l’urbanisation qui forme le front avancé du déboisement. 95% des lieux d’extraction du bois et des terres défrichées se concentrent dans un rayon de 25 Km autour de ces villes et villages et non pas dans les régions reculées et inaccessibles de l’Amazonie comme on peut le penser. Au total, entre 1960 et 2001 la population en Amazonie est passée de cinq millions à vingt millions de personnes.
    En effet, il s'agit de constructions tels que les bâtiments, les exploitations agricoles intensives et les routes qui provoquent cette urbanisation. Ces constructions provoquent un afflux de population, colonisant petit à petit la forêt. Les construction des routes provoquent à moyen terme une exploitation de la forêt tout le long de ces infrastructures routières. Ce défrichement de végétation est considéré comme du saccage, mais aussi une exploitation généralement à vocation locale. Ce type de pratiques (non autorisées) ne conduit pas à l'exploitation durable des espèces, il n'y a donc aucune politique de gestion de ces espaces. L'exploitation de ces ressources est problématique. A la différence de la gestion dite "traditionnelle" effectuée par les Indiens ( qui est inoffensive ), la conception productiviste moderne se révèle incapable d'utiliser ces ressources à long terme. Non seulement leur programme de développement sauvage entraine des conséquences néfastes immédiates et irrémédiables, comme la disparition des espèces ou la diffusion de maladies, mais ne peut assurer de bénéfices économiques durables.



 

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